Les fouilles archéologiques conduites à Corent durant l’été 2026 ont révélé un nouvel atelier monétaire gaulois d’une ampleur exceptionnelle. Implanté au cœur de l’ancienne cité arverne, dans le Puy-de-Dôme, ce complexe est le plus vaste et le plus complet fouillé à ce jour dans le monde antique. Les indices recueillis montrent qu’il était principalement consacré à la production de monnaies en or et en argent, émises par le peuple arverne autour du milieu du Ier siècle avant J.-C.
Cette découverte majeure permet de mieux comprendre la fabrication des monnaies gauloises et confirme l’importance historique de Corent avant la guerre des Gaules. Elle vient également récompenser un travail de recherche mené sur le terrain depuis de nombreuses années par l’association LUERN, les équipes scientifiques, les étudiant·e·s et les bénévoles, avec le soutien essentiel de ses partenaires & mécènes.
Fouilles de Corent 2026 : un vaste atelier de monnaies gauloises mis au jour
Ce premier atelier avait produit de petites monnaies en bronze frappées d’un renard, particulièrement nombreuses sur le site. Les archéologues espéraient identifier une ou plusieurs unités de production à proximité. Les résultats obtenus durant l’été 2026 sont allés bien au-delà de leurs attentes : les fouilles ont mis au jour un nouvel ensemble beaucoup plus vaste, constitué de cinq à six ateliers contigus.
La campagne de fouilles estivale, menée du 20 juillet au 10 septembre 2026, prolongeait les recherches conduites autour d’un premier atelier monétaire, découvert et fouillé en 2024 au sein du parc archéologique de Corent.

Alignés sur plus de 40 mètres, ces espaces de production étaient bordés par un portique en façade et adossés à un puissant mur destiné à les isoler et à les protéger du reste de la ville.
Leur construction sur des fondations en pierre constitue déjà une découverte presque inédite pour l’époque gauloise. L’ampleur du complexe, son organisation et son état de conservation offrent une occasion exceptionnelle d’étudier le fonctionnement d’un atelier monétaire gaulois.
Comment les Arvernes fabriquaient-ils leurs monnaies en or et en argent ?

Les sols de plusieurs ateliers ont livré des dizaines d’outils en fer, en pierre ou en céramique, caractéristiques de la production monétaire. De nombreux fragments de creusets, utilisés pour le traitement du minerai et la fonte des alliages, ont également été retrouvés.
Certains de ces objets ont conservé d’infimes traces de métal jaune ou argenté pouvant correspondre à de l’or et à de l’argent. Des analyses scientifiques devront désormais confirmer la nature précise de ces résidus.

L’hypothèse d’un atelier consacré à la frappe de monnaies en métaux précieux est également étayée par une découverte remarquable : un “disque monétaire en plomb” portant l’empreinte de deux poinçons.
Ceux-ci correspondent à une variante du statère arverne dit « à l’aurige et à la roue quadripartite », une monnaie en or ou en électrum bien connue sur le territoire arverne, notamment à Corent et à Gergovie.
Deux monnaies du même type ont été retrouvées dans les vestiges de la bataille d’Alésia. À Corent, la découverte d’un coin monétaire en bronze pourrait également correspondre à ce statère ou à une drachme arverne en argent.
Aucun déchet de métal précieux n’a été retrouvé dans les ateliers, manifestement nettoyés avec soin.
L’état de conservation du site permet néanmoins aux archéologues, pour la première fois, de reconstituer toute la chaîne de production monétaire : traitement du minerai, fonte des alliages, préparation des flans, fabrication des coins et frappe des pièces.
Une découverte qui confirme l’importance historique de Corent
L’activité du complexe monétaire se situe principalement entre 60 et 50 avant J.-C., à la veille de la guerre des Gaules. Sa taille et sa localisation, en bordure de la place centrale de l’oppidum de Corent, évoquent les établissements publics d’émission de monnaie connus dans d’autres grandes villes du monde antique, notamment à Athènes, Thessalonique ou Rome.
La production de monnaies en or et en argent supposait une organisation importante, la maîtrise de techniques spécialisées et un contrôle rigoureux des métaux précieux.
La présence d’un tel complexe renforce ainsi le statut de capitale des Arvernes attribué à Corent avant la guerre des Gaules. Une période qui précède de peu l’abandon de la ville, intervenu dans le contexte des événements qui ont précédé ou suivi la bataille de Gergovie, située à seulement quelques kilomètres au nord.
La découverte de l’atelier monétaire gaulois de Corent apporte donc une nouvelle pièce essentielle à la compréhension de la cité arverne. Elle témoigne de son importance politique et économique, mais aussi du niveau d’organisation et du savoir-faire de ses habitant·e·s.
archéologues, bénévoles, partenaires : une mobilisation essentielle autour de l’association Luern
La découverte de l’atelier monétaire de Corent est le résultat d’un travail de recherche mené dans la durée par des équipes engagées depuis des années autour du site de fouilles.





Portée par l’association LUERN et dirigée par Matthieu Poux, professeur d’archéologie à l’Université Lumière Lyon 2, la campagne 2026 a mobilisé près d’une centaine d’étudiant·e·s et de bénévoles. Leur engagement a été déterminant pour dégager, documenter et comprendre les vestiges.
LUERN tient à saluer leur contribution, ainsi que celle de toutes les personnes qui participent aux fouilles, à l’étude du mobilier archéologique et à la valorisation du site auprès du public.
Ces recherches reposent également sur le soutien indispensable des partenaires de l’association. La campagne 2026 a bénéficié d’un important financement du Département du Puy-de-Dôme, propriétaire du parc archéologique de Corent, complété par une subvention de l’État, par l’intermédiaire du Service régional de l’archéologie de la DRAC.
L’engagement des collectivités, des services de l’État, des mécènes et des autres partenaires permet aux équipes de poursuivre leurs recherches et de donner toute leur portée aux découvertes réalisées sur le terrain.
Une nouvelle étape commence désormais : celle des analyses scientifiques, indispensables pour confirmer la nature des métaux retrouvés et préciser le fonctionnement de l’atelier.
Cette découverte attire également les médias, que nous remercions pour leurs visites, questions, et articles publiés autour de la découverte de l’atelier monétaire gaulois de Corent – mais également de toutes les autres découvertes réalisées sur le site :
- Le Monde : « Dans le Puy-de-Dôme, découverte d’un vaste atelier de monnaies gauloises » – Merci à Hervé Morin pour sa visite sur le site et pour nos échanges !
- Radio France : « Une « Banque de France » gauloise sur le plateau de Corent ?«
- Sciences & Vie : « Le Puy-de-Dôme dévoile un atelier monétaire gaulois inédit à Corent, révolutionnant l’histoire des Arvernes«
- Arkeonews : « Massive Gallic Mint at Corent May Be the Largest Known in the Ancient World«
Cet engouement permet également au grand public de mieux découvrir Corent, l’archéologie et l’Histoire, directement sur le terrain.
Soutenir LUERN, c’est contribuer directement à la connaissance, à la préservation et à la transmission d’un patrimoine archéologique exceptionnel. C’est aussi permettre aux scientifiques, aux étudiant·e·s et aux bénévoles de poursuivre l’exploration d’un site majeur pour la compréhension de l’histoire des Arvernes et de la Gaule.
