

Site archéologique de Corent
« Une véritable métropole
arverne »
Le Monde, 29 août 2007
Le plateau du Puy-de-Corent se situe à une quinzaine de kilomètres au sud-est de la ville actuelle de Clermont-Ferrand, au cœur du Puy-de-Dôme. À la fin de l’époque gauloise, le plateau du Puy-de-Corent est le siège d’une agglomération vaste de plusieurs dizaines d’hectares. Cette ville de type « oppidum », peuplée de plusieurs milliers d’habitants, a été occupée pendant près d'un siècle, entre les années 130 et 50 av. J.-C. Les milliers d’objets archéologiques découverts à la surface des labours, armes, bijoux, outils, monnaies et tessons d’amphores, ont très tôt retenu l’attention.
Capitale gauloise
Les fouilles menées sur le site depuis 2001 se concentrent sur le centre de cette agglomération, occupé par un grand sanctuaire de terre et de bois. Ce bâtiment abritait des cérémonies religieuses et politiques, marquées par de grands banquets dont témoignent de nombreux vestiges : restes animaux, amphores de vin importé d'Italie et pièces de monnaie frappées sur place. Les abords du sanctuaire sont occupés par de grandes places, bordées de quartiers d’habitation et d'autres édifices publics, dédiés au commerce et à l’artisanat. L’ampleur des bâtiments et la richesse des objets retrouvés sur le site ont permis de l'identifier à la capitale du puissant peuple des Arvernes avant la conquête romaine.
Un gisement millénaire
Aujourd’hui réservé à l'agriculture, le plateau de Corent a été habité pendant plus de 4000 ans, de la Préhistoire à la fin de l'Antiquité : en témoignent des vestiges de bâtiments datés du Néolithique (troisième millénaire avant J.-C.), de l'âge du Bronze (second et début du premier millénaire av. J.-C.), de l'âge du Fer (entre 800 et 50 av. J.-C.), et ceux d'un sanctuaire romain fréquenté jusqu'au quatrième siècle de notre ère. À chaque époque correspondent des objets de prestige, haches polies, armes en bronze, bijoux en or et milliers de monnaies qui témoignent de l'importance stratégique et économique de ce plateau qui domine l'Allier.
Des fouilles de longue haleine
Les recherches entreprises à Corent poursuivent
un objectif ambitieux : dégager progressivement un centre-ville gaulois,
afin d'en comprendre le plan, l'organisation et le mode de vie de ses habitants.
L'état de conservation exceptionnel des vestiges, « fossilisés
» par la mise en culture du plateau, facilite cette exploration, qui
s'étend chaque année sur des centaines de mètres carrés.
Elle permet d'entrevoir un schéma d'urbanisme divisé en différents
quartiers (religieux, artisanal, résidentiel, etc.), très proche
de celui connu pour les villes grecques ou romaines. Cette réalité
pourrait s'appliquer aux habitats plus anciens, qui ont déjà
été reconnus sur plusieurs hectares.